Signaux · Gouverner l'IA #8 · samedi 25 avril 2026

Google Cloud Next 2026 : l'agent IA devient une catégorie d'infrastructure

Par Emmanuel Donati

Les faits

Les faits d'abord. Du 22 au 24 avril à Las Vegas, Google Cloud a tenu sa conférence annuelle Next 2026. Le message était clair et assumé : Google ne vend plus des modèles, il vend une chaîne complète pour que les grandes entreprises déploient des agents IA à grande échelle.

Au cœur de l'annonce, le Gemini Enterprise Agent Platform. Une plateforme intégrée qui réunit un Agent Designer pour concevoir les agents, un Agent Inbox pour que les employés interagissent avec eux comme avec une boîte mail, des Skills réutilisables, des Projects pour les cadrer, et la possibilité de faire tourner des agents sur des tâches longues, pendant des heures, sans supervision humaine continue. Autrement dit, un agent IA cesse d'être un chatbot. Il devient un collègue qui a des objectifs, des outils, un manager et un historique.

Autour de cette plateforme, trois piliers. Un pilier matériel : le TPU 8i, nouvelle puce d'inférence à 1 152 processeurs par pod, trois fois plus de mémoire interne, pensée pour faire tourner des agents en production en temps réel. Un pilier écosystème : un fonds de 750 millions de dollars pour financer les 120 000 partenaires de Google Cloud qui vont intégrer la plateforme chez leurs clients. Un pilier clients : Apple confirme que Gemini propulse la nouvelle Siri, Merck signe un partenariat structurant sur l'agentique, ServiceNow étend son intégration, et 330 clients Google Cloud traitent désormais plus de mille milliards de tokens par an chacun.

Le contexte n'est pas neutre. Google court derrière OpenAI et Anthropic sur la partie modèle pur. Mais sur la partie plateforme d'entreprise, il a une carte unique : le cloud, le modèle, la puce, la base de données, le canal partenaire, tout sous le même toit. C'est ce que Microsoft a fait dans l'ERP dans les années 2000. C'est ce que Google veut faire dans l'agentique en 2026.

Ce que ça veut dire pour vous

La phase « IA égale un modèle auquel j'envoie des requêtes » est terminée. La phase qui commence, c'est « IA égale une pile technologique que j'intègre à mes processus ». Et ce n'est pas le même achat, pas la même gouvernance, pas la même décision.

Dans la première phase, l'IA était un contrat à 300 euros par utilisateur par an. Vous pouviez la changer de fournisseur sans perturber grand-chose. Dans la seconde, vous allez configurer des dizaines d'agents dans une plateforme qui connaît votre base de données, vos workflows, vos documents internes. Le coût de sortie change de nature. Vous ne changez plus un outil, vous déconnectez un système nerveux.

C'est exactement le moment où un dirigeant doit prendre la main sur l'architecture. Pas pour choisir la puce. Pour décider si votre entreprise va dépendre d'une pile Google, d'une pile Microsoft, d'une pile AWS, ou si vous voulez garder une optionalité stratégique. Cette décision ne se prend pas deux fois. Elle se prend une fois, et elle engage cinq ans.

La question à se poser

Dans dix-huit mois, quand votre entreprise fera tourner trente agents IA, qui aura choisi la plateforme sur laquelle ils tournent, vous, votre DSI, ou un administrateur de cloud qui a cliqué « activer » parce que c'était inclus dans le forfait ?

Ce signal est extrait de Gouverner l'IA #8, édition du samedi 25 avril 2026, qui contient aussi trois actus décryptées et une réflexion de fond. Pour aller plus loin : Formation Claude Cowork pour dirigeants et entrepreneurs.

Un signal comme celui-ci, chaque samedi dans Gouverner l'IA.

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