samedi 8 août 2026 · Gouverner l'IA #23
Signaux · Gouverner l'IA #30 · samedi 26 septembre 2026
La semaine où tout le monde a baissé ses prix
Par Emmanuel Donati
Les faits
Le mardi 22 septembre, Anthropic a sorti Claude Opus 5.5 à 4 dollars le million de tokens en entrée et 20 dollars en sortie, contre 5 et 25 pour Opus 5, la lecture de cache passant de 0,50 à 0,20 dollar. L'entreprise annonce environ 40 % de moins sur des charges de travail habituelles. Le même jour, OpenAI lançait GPT-6 Sol et GPT-6 Luna, avec des tarifs d'API divisés par deux par rapport à GPT-5.6 : Sol à 2 et 10 dollars le million de tokens, Luna à 0,10 et 0,50. Toujours le 22, Microsoft annonçait des remises de 30 à 50 % sur les abonnements Copilot pour les achats en volume, applicables en octobre. Le lendemain, Amazon offrait douze mois de son assistant Quick Plus aux marchands de sa place de marché.
Quatre baisses de prix en deux jours. Voici maintenant le chiffre qui ne colle pas.
Le contexte
The Information a publié le 22 septembre des données du spécialiste des achats Zip. Sur les douze mois arrêtés fin août, les fournisseurs d'IA pèsent 8 % des dépenses logicielles de ses clients, contre 1,4 % l'année précédente. Près de six fois plus en un an. Dans le même temps, le budget logiciel total de ces entreprises a progressé de 13 % en médiane. L'échantillon porte sur des dizaines de sociétés de 2 400 salariés en moyenne, qui ont dépensé 18 milliards de dollars de logiciel en quatre ans.
Un cas montre le mécanisme mieux qu'une moyenne. L'éditeur américain Pegasystems payait 20 000 dollars par mois pour GitHub Copilot. Après la bascule de Microsoft vers une tarification à l'usage, le 1er juin, la facture est montée à 260 000 dollars par mois. Treize fois plus, sans nouvel achat et sans décision prise en comité. Quand le DSI a demandé des comptes, Microsoft lui a proposé un million de crédits, soit 10 000 dollars, pour essayer un autre produit pendant un mois.
Le mouvement de fond est là. Le prix unitaire baisse vraiment. La facturation, elle, commence à passer du siège à l'usage. Un poste de coût annuel, négocié une fois et prévisible, se transforme en compteur qui tourne au rythme de vos collaborateurs et de vos agents. Les remises de cette rentrée ne contredisent pas cette bascule, elles la financent : Microsoft casse le prix du siège pour en vendre davantage, sachant que chaque siège supplémentaire alimente la part variable.
Ce que ça veut dire pour vous
Commençons par ce qui rassure. Pour la plupart des outils que vous avez déployés, la suite Copilot de Microsoft ou les licences ChatGPT et Claude de vos équipes, vous payez encore un siège et un montant connu d'avance. La bascule n'a pas eu lieu chez vous. Elle a commencé là où la consommation est la plus forte, du côté des outils de développement et des agents. Pegasystems n'est pas un cas extrême. C'est une entreprise qui y est passée avant vous.
Deux gestes suffisent à ne pas se faire surprendre. Ils ne coûtent presque rien tant que le sujet reste théorique. Le premier est un compteur : personne chez vous ne devrait découvrir la consommation d'IA du mois sur la facture du mois suivant. Le second est un plafond par équipe, avec une alerte avant de l'atteindre, comme vous le faites depuis toujours sur les frais de déplacement. Reste le volet achat : votre prochain renouvellement tombe en pleine guerre des prix, c'est le moment de faire inscrire un prix plancher dans le contrat plutôt qu'une remise promotionnelle qui expire en même temps que la promotion.
La question à se poser
Si la consommation d'IA de vos équipes doublait le mois prochain, à quel moment le sauriez-vous et par qui ?
Ce signal est extrait de Gouverner l'IA #30, édition du samedi 26 septembre 2026, qui contient aussi trois actus décryptées et une réflexion de fond. Pour aller plus loin : IA agentique ou IA générative : ce qui change pour un dirigeant.
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